Nommer le désir
Nommer l’envie ! Juste poser des mots sur le conscient. Dire ce qu’on veut. Transmettre notre élan rapace à l’autre. Pas n’importe quel autre. Notre autre !
J’ai demandé pendant des siècles à mon autre du moment de nommer son envie… En vain. Tellement en vain. Pour m’entendre dire, au terminus de notre dernier train : « Oui j’ai envie. Mais pas de toi ! ».
Je déambule au wagon lit d’un autre déni d’envie. Oui je raconte cela comme on prend le train… Mais… Mais rien… C’est une faiblesse que je m’accorde. Comme une liberté qu’on se refuse. Un mauvais Kundera qui n’en finit pas, un Pennac qui commence. Kirilov en soutane…
Pourquoi les cordes vocales du certain font de la résistance quand il s’agit de plaisir, d’envie, de jouissance, d’érotisme, de fantasme ?… Je suis un livre ouvert qui voudrait bien qu’on le lise. S’il vous plaît, lisez moi, disais-je le béret à la main, la fierté en berne, le sourire si terne… Je régénère l’époque des certitudes fugaces qui vous mènent à l’échafaud du quotidien. Oui, je le fais… Mais je n’ai pas le choix. Je dois bien le dire : je subis.
Et donc j’arrête là.
En fait je ne parviens plus à souligner l’humeur des mots. Je subis une sorte d’infiltration du vide. Je sèche comme les rocs. Et donc je me tais.
Je dis cela, je ne dis rien…
Pigeon voyageur

Bon, il est temps de rompre ce silence… Comme cela, parce que j’en ai envie !
Depuis 2009, il s’en est passées des choses. Mon appareil photo a eu le temps de faire le tour de son compteur au moins 5 fois. J’ai démissionné et je me suis lancé à mon compte. J’ai dézingué quelques Heinekens, sans oublier les Grimbergens. J’ai subi comme vous tous le sarkozysme débridé. J’ai vu passer toute une culture… Végétale la culture… Puis j’ai liquidé le chat. Même si Kaya a débarqué avec ses moustaches immensément blanches. Bien entendu j’ai largement eu le temps de finir tonton au moins deux fois. Sans oublier que j’ai failli être papa.
C’est décousu ?… C’est ainsi ! Les choses sont décousues.
Parfois le cynisme de certains perturbe tout de fond en comble. Le cynisme d’une Zek En forme, d’une mémère sous le feu du canon ou encore celui de nos gouvernants…
Je suis perturbé. Mais je travaille. J’y travaille…
Mon joujou
J’ai reçu un don divin. Un Canon 450D. Je vais enfin pouvoir prendre des photos où on pourra avoir du détail, du piqué et de jolis bokhés.
Mon rapport à la photo est complexe. J’ai commencé à en faire en 1992. Je parle bien entendu de non seulement faire de la prise de vue, mais aussi du développement et du tirage. Par la suite, j’ai shooté avec les moyens du bord : Compact argentique tout pourri, jetable, etc. …
A partir de 1998 j’avais pris un train pour une décennie. J’avais pris ce train avec une passionnée de photographie. J’ai donc pu pratiquer encore plus. Mais par un reflex inconscient, j’avais laissé ce champ à l’autre. C’était sa grande passion… Alors j’avais abandonné cet espace créatif en mettant tout en œuvre pour que la fanette puisse exprimer ses élans photographiques. De toute façon je ne suis pas un créatif. Du moins je ne me considère pas comme tel.
Mais je n’ai jamais arrêté de shooter. En 1999 j’avais fait l’acquisition d’un Canon eos 300. Et on avait, à deux, photographié jusqu’à l’épuisement, développé, tiré, pendant des heures et des heures. Mais étrangement j’avais occulté la technique. J’avais occulté pas mal de choses à vrai dire. L’abandon de la passion à l’autre. Je ne le regrette pas. Il ne s’agit pas de l’expression d’une amertume là. Tout au plus un constat rétrospectif…
Aujourd’hui j’ai repris ma passion en main. Grâce à un autre train. Merci Zek ! Merci tellement !
Alors voici quelques images avec mon tout nouveau joujou. Depuis moins de deux semaines que j’ai en main ce petit bijou d’appareil, j’en suis à plus de cinq mille photographies.
Première petite galerie de l’une de mes chattes. Elle est très photogénique. J’aurais aimé vous présenter l’autre aussi. La vieille mémère de 10 ans. Mais elle est toute noire et la mise au point et le temps de pause dépassent ce que je peux maîtriser. Mais je ne lâche pas l’affaire !
Seconde petite galerie de breakdance & Hip Hop. Je revenais de mon rendez-vous chez l’anesthésiste. Effectivement mon mal de bide mystérieux est revenu de manière tonitruante. Cette fois-ci je vais au bout de tout. Fibroscopie, coloscopie, scanner abdomino-pelvien, analyses de sang … Donc je suis tombé sur ces artistes de la rue en rentrant. Leur troupe s’appelle MeauxTown School. Ils sont très doués et à priori très sympathiques aussi.
Dernière toute petite galerie de quelques tests en hdr (pour faire plaisir à mon ami Agharass). Mais je n’en suis pas satisfait.
Voilà donc un post pour mon joujou. Pour information toutes les photos ont été prises en raw, traitées sous UfRaw, puis envoyées à Gimp. Tout cela sur un système d’exploitation Ubuntu Jaunty Jackalope. Du libre, du libre et du libre ! Brisez vos chaînes !
Ronnie Lynn Patterson / Freedom Fighters

Voici une musique éthérée, subtilement équilibrée. En écoutant cet album, je me suis senti transporté par des mélodies hypnotiques, apaisantes, très recherchées.
Tous les critiques qui labourent le domaine fort intimiste de la musique d’ascenseur saluent la sortie du dernier album de Ronnie Lynn Patterson, Freedom Fighters, comme un hymne au Jazz dans ses fondamentaux !
Michel Contat – Telerama n° 3062 – 20 septembre 2008
http://www.telerama.fr/musiques/freedom-fighters,33513.php
Personne ne vous jettera la pierre de l’ignorance si vous ne connaissiez pas Ronnie Lynn Patterson avant de le découvrir ici. Ce monsieur cultive sa marginalité et sa discrétion. Jugez-en vous même, à cinquante ans, Ronnie en est à son quatrième album seulement.
Il a commencé son parcours musical en tant que batteur avant de s’intéresser au piano, avec comme inspirateurs McCoy Tyner et Keith Jarrett. Disons de Ronnie que c’est un être fin, qui sait d’où il vient, ce qu’il doit aux fondateurs et qui il est. Mais il creuse sa propre voie, sans concession. Cela nous donne un Jazz paisible, littéralement ! Une invitation à la volupté musicale. C’est exactement ce qu’est Freedom Fighters le dernier album de cet artiste. Un petit clin d’œil à ses comparses sur l’album Stéphane Kerecki à la contre-basse et Louis Moutin à la batterie. L’ensemble nous offre une harmonie musicale rare !
Je mets en écoute un morceau de Freedom Fighters, avec l’aimable autorisation de Ronnie. Néanmoins je vous conseille vivement tout l’album. C’est une œuvre qu’on découvre en entier. D’ailleurs le premier morceau, le morceau éponyme de l’album Freedom Fighters, est repris sur la dernière plage mais en allegro, alors que sa première occurrence est en adagio. L’exécution est parfaite, l’intention est sublime, l’émotion est entière…
Quoiqu’il en soit, voici « Leslevret« , neuvième histoire de l’album… Un hommage à Rakmaninov… Les connaisseurs reconnaîtront, les autres apprécieront.
Leslevret
# «Freedom Fighters», Ronnie Lynn Patterson
# CD audio (28 août 2008)
# Nombre de disques: 1
# ASIN : B001ANZRNQ
J’ai pu voir Ronnie Lynn Patterson sur scène. Je garde en mémoire son émotion quand il prenait la parole, parfois, entre les offrandes… Une petite voix qui velourait un message humble… Des yeux vibrants du vécu. A l’instar de sa musique cet être est subtil, il inspire la paix.
Merci Ronnie !
J’arrive!

C’est fou comme une petite phrase comme « j’arrive ! » peut nous permettre d’escalader le quotidien comme un sherpa en souffrance. La puissance du mot, de l’idée. Depuis deux semaines je sais que dans deux mois je serai au contact du sol. J’aspirerai à pleins poumons l’air d’Essaouira. Je boirai ce brouillard matinal qui enferme Agadir dans son giron côtier. Depuis que je sais et à chaque impasse de la raison je me dis « Oui mais dans deux mois, j’arrive ! ».
Cette fois je ramène toute ma France ! Je ramène Zek, Toussah et Bennnn. Je vais pouvoir être avec mes êtres. Fabuleux… Comme un remède à tous les maux, je psalmodie les deux mois à venir… J’arrive… J’arrive à toi ma grande sœur, j’arrive à toi ma petite sœur… J’arrive à tout ce manque qui me trucide… J’arrive…
Même les fragments et le délitement ne peuvent rivaliser avec cet arrivage en devenir. Tout est submergé par cette attente ! Donc j’arrive … Je ne vais pas tout à fait arriver au même endroit que la plus connue des gueules de ch’val. Mais j’y arrive tout de même !
J’arrive, j’arrive
Mais qu’est-ce que j’aurais bien aimé
Encore une fois voir si le fleuve
Est encore fleuve voir si le port
Est encore port m’y voir encore
J’arrive j’arrive
Mais pourquoi moi pourquoi maintenant
Pourquoi déjà et où aller
J’arrive bien sûr, j’arrive
Mais ai-je jamais rien fait d’autre qu’arriver
[...]
Depuis que j’ai ouï les virtuoses Joubran j’essaie péniblement de guitariser le luth, le oud ! Bien entendu cela n’a fait qu’aiguiser mon envie d’apprendre à jouer de cet instrument. L’envie passera-t-elle les deux mois ?… En tout cas mon oud m’attend à l’autre bout des deux rives. Ah deux mois. Deux mois et revoilà le sourire.
Pour information et pour ceux que cela intéresse, le trio Joubran va certainement se produire en fin d’année à Paris. La chose est assez rare pour être signalée. En fait j’ai croisé le grand frère de la bande dans mon Paris. Il était sur la terrasse du libanais rue Montorgueil. J’ai hésité puis j’ai été lui serrer la main, lui signifier ma gratitude et le féliciter pour cette magnifique musique dont lui et ses frères nous gratifient généreusement. Il m’a confié que le trio allait se produire dans une grande salle parisienne, peut-être la Salle Pleyel !… Je vais surveiller les annonces de leur site … ICI !
En finalisant cet écrit, je vois que le trio se produira le mois d’avril 2009 à Fontenay-sous-Bois. Et en cherchant plus loin je lis que la salle qui accueillera ces prodiges se nomme « Jacques Brel« … Etrange… Le détail de cette représentation ICI.
Le désenchantement délitant

Mon désenchantement périodique revient… Ouvrons la porte de l’humeur à ce visiteur régulier. Accueillons cette période de doute attendue.
C’est étrange comme l’humeur se joue de l’envie et du sourire. Mais cette fois je sais ! Je sais ce qui a ouvert la porte du doute. Une fois de plus j’ai été en prise avec le manque de consistance rhétorique. Une fois encore j’ai constaté la fuite du sens. Encore une fois où je me pose cette question qui me triture la pensée « Comment fait l’être quand les mots se voient désertés du sens ? ». Comment fait l’être quand le mot ne porte plus la certitude du vrai ? Comment fait le quidam quand la morve de l’orgueil ne soutient plus la brutalité du sens ?… Pourtant nous faisons ! Pourtant nous avançons, nous excusons l’incohérence. C’est le prix à payer pour garder sa raison en dépit du délitement du logique.
J’ai toujours été très sensible à la réalité du rapport aux autres, à sa consistance, à sa cohérence. C’est là la seule chose qui me retient dans cette conscience du réel qui nous donne une prise avec notre vie. Dès lors où je note une fuite de sens, je me cabre et pour tenir le coup et rester englué dans ce réel qui nous tient debout, je m’enfuis dans le silence qui me sauve.
Oui j’ai besoin de cette discontinuité pour rester dans le jeu social qui s’accommode les ponts du sens à sa guise. Autrement j’en deviendrais fou… A lier… Rallié au pragmatisme social aveugle.
Je ne vais pas faire mine de découvrir ce que je savais. Je savais et je sais que j’ai cette fragilité. Je savais et je sais que mon humeur et ma sérénité craignent ce dragon terrible qu’est le « n’importe-quoi dialectico-rhétorique ». Par contre j’ignore le pourquoi… Pourquoi tout le monde s’accommode de cet état de fait, ce glissement du sens. Tout le monde complète le sens perdu dans les paroles des autres, par reflex salvateur. Moi je n’y parviens pas. J’accorde à chacun sa responsabilité sur sa rhétorique. Même aux enfants ! Tel un Mychkine qui ne se sent bien que dans le rapport à l’enfant, je cède au dialogue avec les petits comme je m’embarque dans un blabla avec un adulte. J’octroie à tout être la possibilité d’être pleinement responsable, la possibilité d’être… Je ne rectifie pas les incohérences de la bave d’autrui dans ce silence de mort qu’est ma pensée. Je recrache in situ ce qui heurte ma compréhension. Quand je ne peux pas le recracher, je somatise ex situ. Je décante… Mais j’ai besoin de fuir dans mes pensées pour digérer l’impasse des mots. Le silence.
Mais cela ne répond pas au « pourquoi ? ». Pourquoi autrui s’accommode de ce qui m’empêche de palper le confort social de l’acquiescement mutuel et de l’entendement sur la fuite de la consistance dialectique ?… Pourquoi les signifiants arborent-ils tant de signifiés ?… Sans parler de la mauvaise foi et des pièges entendus …
Peut-être que je manque d’autre chose. Du lien à la mère, de l’image du père et du contact salvateur à la terre nourricière. Toutes ces attaches sont, chez moi, des constructions personnelles et non les acquis du cordon ombilical. Tenez, la langue dans laquelle je m’exprime… Il s’agit d’un holdup intellectuel. Rien de plus… Le berbère tapisse encore ma pensée, l’arabe me parle toujours dans le silence…
Je suis le faussaire de mon existence ! Mais un faussaire qui ne risque que sa santé mentale… Mon réel est ailleurs. Il arpente des pentes techniques très schématiques. Actuellement mon triste réel se nomme joyeusement Lightweight Directory Access Protocol !
Je sais déjà que je passerai outre, qu’il finira par revenir le sourire ! Je sais cette éternelle oscillation entre le Spleen & l’Idéal. Soit… J’en ai vu d’autres !
Mais en parlant de Spleen, on va s’en payer un… Mon préféré. À la bonne votre !
Je suis comme le roi d’un pays pluvieux,
Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très vieux,
Qui, de ses précepteurs méprisant les courbettes,
S’ennuie avec ses chiens comme avec d’autres bêtes.
Rien ne peut l’égayer, ni gibier, ni faucon,
Ni son peuple mourant en face du balcon.
Du bouffon favori la grotesque ballade
Ne distrait plus le front de ce cruel malade;
Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau,
Et les dames d’atour, pour qui tout prince est beau,
Ne savent plus trouver d’impudique toilette
Pour tirer un souris de ce jeune squelette.
Le savant qui lui fait de l’or n’a jamais pu
De son être extirper l’élément corrompu,
Et dans ces bains de sang qui des Romains nous viennent,
Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent,
II n’a su réchauffer ce cadavre hébété
Où coule au lieu de sang l’eau verte du Léthé
Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire
Who’s Zek ?…

C’est un bout de détermination qui s’est inventé son impossible, qui a forcé les destins. J’ai une admiration sans borne pour les autodidactes, pour les volontaires de tous bords et pour les inconditionnels de la responsabilité personnelle. Elle est tout cela à la fois. Mais pas que cela.
C’est une tigresse qui aime donner du coup de boule quand on lui chatouille le dogme. Elle est solidement en prise avec sa foi. Un mélange de religion, d’habitude et de savoir vivre reconstitué. Elle a pris le risque de rejeter sa naissance pour traverser les cultures. Elle n’a pas fait l’omnibus des croyances. Mais elle a trouvé son terminus.
Parce qu’on lui signifiait son impuissance, elle a flingué le lien. Elle a pris un envol sans ailes. Mais Zek sais tout faire, même voler sans ailes. Elle a atterrit ailleurs. Elle a tenu tête. Elle a fait une traversée inutile. Le jeu n’en valait pas la chandelle… Peu importe… Quelques brimades ?… Quelques coups ?… Quelques gouttes, même de sang ?… Elle accepte tout et n’en veut à personne. Elle aimait… Aveuglément… Littéralement. Elle assumait. D’ailleurs elle assume toujours. Pas son genre de se dédire. La responsabilité personnelle au mépris du raisonnable. Quelle audace !
Je l’ai rencontrée au détour d’une passerelle. Elle était là depuis très longtemps, tout comme moi. Mais parfois les choses nous sont transparentes. Les êtres nous sont invisibles. Ce n’était pas le moment. Puis vient mon abîme… Et revient mon abîme !
C’est étrange comme on s’est rencontré sur les cendres d’un gouffre, chacun le sien. Bon, il est vrai que le mien nous a fait quelques rappels. J’avais peut-être trop applaudi… Il est aussi vrai que mon gouffre tenait plus de la chialerie lamentable, alors que le sien tenait au corps, à la vie. Je me sens minable quand j’y pense. Car en effet j’ai été minable. Elle m’a tenu tout en haut de ses épaules pour que je ne coule pas. elle me tenait alors que les anniversaires lui tailladaient le souvenir. J’ai été tout à fait minable.
Il est difficile d’enchaîner sur un constat de lâcheté…
Zek est tout… Elle est toute son envie d’aimer et d’être aimée, toute son envie de sentir un brin de reconnaissance, toute son envie de prouver à la face de ceux qui hier encore pointaient du doigt, qu’elle a tout à fait eu raison d’aimer.
Zek ! Ton envie d’aimer et d’être aimée, je m’en charge. Juste parce que je le veux, parce que j’en ai envie !
Zek’s alive baby. Zek’s alive !
C’est vrai… C’est un bout de détermination très à la mode « Pulp Fiction« . Du genre « Being, being, qu’est-ce quyyyyyyyyyyaaaaaaaaaaa ? ». J’adore !
C’est juste incroyable !

Je regardais une femme en blanc s’attaquer à l’Himalaya et Zek me souffle « C’est juste incroyable! ». Non mais c’est très vrai. Je vous invite à faire l’expérience. Regardez et écoutez !
C’est juste incroyable quand Shara Worden monte les voix inaccessibles de Nina Simone. L’orchestration est très rock. Un gros son bien gras. À la reprise après le pont, le rythme devient plus martelé. J’ai cette impression que me fait un John Henry « Bonzo » Bonham en bûcheron du rythme. J’ai entendu du Led Zeppelin à ce moment là. C’est juste incroyable de maîtrise. Shara Worden pousse la personnalisation jusqu’à des extrêmes où on a l’impression que la voix va glisser dans le désagréable. Mais la maîtrise est telle que la voix reste scotchée au très agréable ! Cette femme s’amuse avec sa voix. Cet humain nous emporte avec lui. C’est juste incroyable !
L’incroyable original est à regarder par là. C’est autre chose. C’est juste indescriptible.
Dans la série des incroyables, voici le Trio Joubran. Trois frères qui proposent une synthèse moderne du luth, absolument complète et absolument incroyable. Sur des mélodies orientales on retrouve des tempos et des rythmes très flamenco, des riffs très rock et des solos techniquement très emprunts du hard rock… Appréciez :
J’entends une tristesse sourde dans cette musique… Peut-être l’absence de ce qui manque… L’absence de ce qui n’a jamais été… En tout cas j’apprécie cet incroyable là aussi !
Ma fanette

J’ai connu une personne qui toute entière tenait dans un grain de beauté… Dans le dos…
J’ai envie du jour. Je ne veux pas remonter le passif. Je voulais juste vous parler de Brel…
Faut dire qu’elle était belle
Comme une perle d’eau
Faut dire qu’elle était belle
Et je ne suis pas beau
Faut dire
Faut dire qu’elle était brune
Tant la dune était blonde
Et tenant l’autre et l’une
Moi je tenais le monde
Faut dire
Faut dire que j’étais fou
De croire à tout cela
Je le croyais à nous
Je la croyais à moi
Faut dire
Qu’on ne nous apprend pas
A se méfier de tout
Elle était grande. J’ai encore l’impression que sa perspective m’écrase… Le souvenir est ainsi. Il nous impose des choses. Il m’impose une fille qui revenait avec des bananes, Debussy et Kundera. Pour être tout à fait honnête, je me demande si ce c’était pas tout à fait Pennac. C’était en décembre. Un décembre neigeux. La place des innocents, que nous n’étions pas, en témoignera.
Mais je suis si loin. Je suis ailleurs. Je retourne là où l’humeur se sent. Là où le mot a du sens. Tout a été dit. L’engagement de ne plus rien engager. Juste la rage du temps échappé.
J’aurais aimé en dire plus. M’extasier sur ma douleur et me tortiller ridiculement dans des envolées lyriques pseudo spontanées. J’aurais aimé être éloquent, volubile, versatile et désinvolte. Mais l’humeur… m’échappe. La douleur n’y est pas ! Elle a déserté depuis que le sens habille les mots de mon sentiment. Les choses m’échappent.
Service compris!#0

Ma plateforme web et mail prend de l’âge… Je n’ai pas respecté les mises à jour successives. Maintenant je ne peux plus utiliser certaines applications qui nécessitent une certaine version de PHP. Bien entendu, je peux bricoler et compiler du source à m’arracher les cheveux pendant un certain temps. Mais tant qu’à faire, je vais effectuer une mise à jour ‘from scratch‘. Je vais installer un serveur sous OpenBSD et je vais le configurer de telle sorte que je puisse y importer le contenu de la plateforme actuelle.
Cela risque d’être long, parsemé d’embuches et de revirements divers. Mais nous allons tout labourer ensemble. Toutes les étapes ! Ce qui sera abordé, le sera pour la vulgarisation et le partage, non pour la perfection technique.
Tous les choix qui seront faits, sont de facto à considérer comme discutables. Mais c’est ma démarche, pas une démarche forcément à conseiller, ni celle qui est adaptée à votre besoin. Néanmoins, vos commentaires, vos remarques, vos propositions ainsi que vos questions seront les bienvenus.
Je vais tenter de couvrir toutes les étapes de mon processus de mise en place d’une plateforme web, à savoir entre-autre :
- Installation & paramétrage du système d’exploitation UNIX
- Installation & paramétrage du service DNS
- Installation & paramétrage d’un service d’annuaire LDAP
- Installation & paramétrage d’un service de messagerie
- Installation & paramétrage d’un service web
- Outils de suivi et de maintenance
Avant de plonger dans les tutoriaux à proprement parlé, voici un descriptif des différentes étapes. Il s’agit d’une description sommaire et je me réserve le droit de modifier son contenu à posteriori.
Installation & paramétrage du système d’exploitation UNIX
Dans le premier tutorial nous allons voir ensemble comment installer une machine virtuelle pour tester un système d’exploitation, toute proportion gardée, avant de le mettre en œuvre physiquement sur un serveur à part entière.
J’ai choisi OpenBSD comme système d’exploitation pour ma plateforme car il s’agira d’un serveur web public. Je ne conçois pas un serveur public sans ce système là. C’est le seul qui ne m’ait jamais déçu. Mais au-delà même de ma mesquine expérience, ce système d’exploitation est connu pour sa robustesse et sa sécurité légendaire. Ses créateurs sont connus pour leur intégrisme sécuritaire (non le petit Nicolas n’a pas développé OpenBSD, lui ne développe que le sectarisme et le communautaire…).
Cette étape commencera par l’installation de la machine virtuelle et se terminera par la prise de main à distance via SSH et aux paramétrages initiaux et globaux du système (gestion des paquets, de la journalisation et configuration de l’environnement). A partir de là on considérera que le système est prêt à accueillir la couche logicielle DNS/LDAP/MAIL/WEB !
Beaucoup se demandent, peut-être, « pourquoi pas Linux ?… ». Premièrement c’est ainsi parce que je le veux. Puis parce que la réputation en terme de difficulté des systèmes UNIX en général et du système OpenBSD en particulier est très exagérée. Effectivement ce sont des systèmes faits pour des professionnels qui maîtrisent leurs domaine de compétence. Il faut, pour mettre les mains dans ce boxon-là, avoir une connaissance nette de pas mal de concepts de base, bien connaître ses protocoles, être familiarisé avec les fameuses ‘Request For Comment’ (RFC), respecter les standards et aimer le plus génial des éditeurs en mode texte : vi !
Il ne faut pas que ce discours tout à fait élitiste vous rebute ! Il fallait le dire pour être tout à fait honnête. Mais si vous souhaitez vous y mettre c’est la meilleure école que j’ai pu trouver pour apprendre justement les standards, les RFC et les protocoles. D’ailleurs les puristes, s’il en est parmi les lecteurs, seront choqués par pas mal de mes choix. Je charcute sauvagement dans ce qui est dit ‘secure’. J’agis pour atteindre un objectif particulier à chaque fois, avec des besoins précis et un environnement caractérisable. Donc je ne m’embarrasse pas des choix qui tiennent plus de la posture qu’autre chose. Je travaille sur une plateforme web, pas sur le réseau du FBI !
A cette étape comme à toutes les étapes de la démarche, je me permettrai des digressions en rapport avec le sujet de l’étape. Par exemple, à cette étape, nous verrons comment installer le système chez un hébergeur particulier, les choses à considérer avant de le choisir selon les contraintes économiques, etc. … Aussi, quand je trouverai un tutorial sur le web pour effectuer une tâche liée à l’étape en cours, je vous y enverrai sans vergogne !
Installation & paramétrage du service DNS
Je pars du principe qu’une plateforme d’hébergement complète ne peut pas ne pas héberger ses propres domaines. Pour effectuer cela nous nous orienterons vers Bind. Le serveur de noms de domaines le plus utilisé et le plus performant du web. OpenBSD le propose en natif. On aura ainsi le loisir de digresser vers de la théorie et de la vulgarisation. Ainsi, en soirée, vous ne vous laisserez plus impressionner par le néo geek qui balance du DNS toutes les deux phrases. Nous prendrons ensuite le temps d’approfondir le paramétrage du serveur et des domaines, ainsi que la journalisation geekement dite le ‘logging’.
Là nous verrons, pour les profanes, comment acheter un nom de domaine, comment créer un compte chez Gandi et à quoi servent les identifiants que nous attribuent les registrars.
Installation & paramétrage d’un service d’annuaire LDAP
Il s’agit là d’une étape cruciale car elle nous permettra de schématiser globalement le fonctionnement du serveur et voir ce dont la gestion peut incomber au service d’annuaire. Là encore je vais faire des choix qui seront très sujets à controverse et à la surenchère trollienne, là encore on me dira « Oui mais un Linux avec PLESK c’est bien aussi ». Assertion à laquelle je répondrais, non pas par le mépris, quoiqu’elle le mériterait, mais par le fait que j’aime bien comprendre ce que je fais et apprendre de ce que je découvre. Je ne veux surtout pas prolonger l’uniformisation mercantile du web. Le seul uniformisme que j’accepte est dans le standard tel que je le comprends, tel que je le lis, tel qu’il s’applique stricto sensu à mes besoins.
Installation & paramétrage d’un service de messagerie
Ce sera l’étape la plus longue. Par la multiplicité des protocoles en jeu (SMTP/IMAP/POP/LMTP), par le nombre de logiciels à installer et à paramétrer et par le nombre inouï d’interactions que l’on peut dénombrer entre toutes ces briques logicielles vicieuses ! Attention cela va tanguer, vive le swing ! Nous allons installer : Postfix, Amavisd-new, Clamav, Spamassassin, Courier-IMAP, puis paramétrer tout ce beau monde de tel sorte qu’ils parviennent à communiquer et à s’échanger des données en liaison avec le serveur LDAP. On va faire en sorte de stopper le SPAM, la plaie du net, et les virus. On verra comment gérer les quotas et les comptes via l’annuaire LDAP.
La mise en place d’un webmail sera abordée dans la partie consacrée à l’installation d’un système web.
Installation & paramétrage d’un service web
Apache est installé en natif sur OpenBSD, mais pas dans sa seconde mouture. On divaguera sur le pourquoi du comment de cette coquetterie très ‘Theo de Raadt’-ienne ! Nous prendrons le temps d’expliquer le fichier de configuration, des fichiers ‘.htaccess’, etc. … Puis nous installerons le PHP, une tonne d’extensions, la base de données Mysql, les applications web de gestion (PhpMyAdmin, LdapAdmin, Les webmails etc. …).
Nous n’oublierons pas l’accès aux données des sites via ftp et la gestion des comptes via LDAP.
Ensuite c’est : « Roulez jeunesse »… Ou presque…
Outils de suivi et de maintenance
Ici, on verra les à-côtés nécessaires, la maintenance au quotidien et tout ce que je n’ai pas pu caser dans les autres parties… Il y sera vaguement question de sécurité, de sauvegarde, de webalizer.
A très bientôt donc. Le premier tutorial de la série est presque prêt.
Rigolons Zun Brin
Mozinor est trop fort ! Depuis plus de cinq ans ils nous arrose de trouvailles souvent très drôles. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, florilège !…
James Bond « Tu ne peux pas teste »

Claire Chazal « Journal télévisé de TF1 »

J’avais juste envie de partager cela pendant que je vous prépare des tutoriaux très geek (âmes sensibles s’abstenir) à propos de l’installation d’une plateforme web complète : OpenBSD/OpenSSL/OpenLDAP/Named/Apache/Php/Mysql/Postfix/Amavisd/Spamassassin/Clamav/Cyrus Imap/etc. …
A bientôt





