Mes merveilleux nuages

J’ai mis en place un Nuage de mots. J’ai pensé aux merveilleux nuages de l’horrible Baudelaire. Délicieusement horrible, mais horrible. J’ai repensé à ce poème en prose.

L’étranger
« Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
- Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
- Tes amis?
- Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
- Ta patrie?
- J’ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L’or?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
- J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages ! »
Charles Baudelaire (1821-1867)

Les merveilleux nuages donc. c’est toujours pareil avec Baudelaire. On ressent un sentiment violent. Non violent physiquement. Mais d’une incroyable intensité. Cela oscille entre le malaise existentiel, le goût de l’infini, le goût du fini, du déchu et du bonheur. C’est toujours en ping pong entre un aspect extrêmement positif, presque frénétique et un aspect noir comme une nuit sans lune au milieu de ses propres fantômes. C’est comme cette phrase qui tombe « J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages!« . C’est simple mais émouvant.

26 janvier 2008

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