Moi je ne suis pas… Je vis…

J’agis sous l’effet de lalla tequila…

Lalla tequila.. Prosternez-vous, cafards !

Un ami du fond du souvenir est venu… Mchigui est là, devant moi, dans mon salon. C’est un rêve… Peut-être même qu’il se réalise. Oui il est là, il est entrain de raccrocher le wagon de mon enfance à la locomotive de mon moi, si peu, adulte. Il indique à l’enfant la porte de l’âge.
Alors forcément, lalla tequila est là ce soir. Sel, citron et tequila. Une bouteille à trois… Et puis tout un monde qui revient. Ils sont deux à ne pas participer. Mais le monde est rond, la vie est droite et comme dit Pennac : « la mort est un processus rectiligne ». Alors allons-y, droitement, adroitement. Vivons pour au bout mourir, un sourire aux lèvres. Pouvoir se dire, j’ai vécu. Quoi ?… Rien.
Quoi de neuf au pays du gris qui vire au bleu ? Dans mon imaginaire, dans mes plus belles illusions, je ne sais pas. Je ne sais plus, je ne sais que rien. Un rien qui cherche des réponses, qui fouille la substance, qui trie des souvenirs rances.
Quoi ?… Rien …
Puis Pulp fiction, puis Eyes wide shut, puis toute une culture qui me fonce dessus, comme Challenger qui fonce sur la lune… Je ne sais rien, je ne suis rien, je vogue au large de mon devenir. Triste, heureux, un bouillon de vie qui vogue, divague et se laisse désirer pour mieux chavirer. J’ai une soif des choses qui me dépassent et qui dépassent de très loin tout ce qui au fond de ma gorge trépasse. Tiens, comme par hasard ma chaîne crache du Maria Callas qui enfante de madame Butterfly de Puccini. Je me prélasse en face d’un amalgame. Le président de la république fantôme en personne me fait l’honneur de sa présence. Je courbe, je fais la révérence. J’évite la déchéance. J’emmerde la chance. Je m’en balance.
Quoi ?… rien…
Rien de plus, rien de moins, que la misère de nos jours, de mes jours, de vos jours. De moins en moins de vie, de plus en plus d’envie frustrée, biaisée, baisée ! Pif, paf, rien que du taf ! Et pour nous ?… Rien !
Quoi ?… Rien…
Rien.

Mchigui, premier du nom, à Paris … I’m having illusions !

Rien.
Mais tout de même que c’est beau de se dire des choses, de se vivre des jours ! La fatigue, la colère sont si peu face au désir d’être, de devenir, de prendre, de donner et de se voir plus tard, loin.
Quoi dire, quoi vivre ?… Demain…
Quoi ?… Rien… Sauf moi !
Quand on veut faire le malin, autant en avoir les moyens. Je me sens propre au sens propre. Malgré tout, je ne suis pas… Celui qui est.

17 février 2008

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