La mauvaise foi publique

Je trouve qu’il s’agit d’un manque de respect manifeste. Qui douterait après cela du mot d’ordre reçu par les pions de l’UMP ?…Petit rappel des faits. Hier soir comme tout français, ou presque, je me suis posé la question de ce qu’ont donné les élections municipales. N’ayant pas de télé, je me suis trouvé un flux qui diffusait France2 & France3 et j’ai jonglé entre les deux chaînes.
Les premiers résultats tombent. Passons la polémique sur le fait que ces élections soient à enjeu local ou national, et patati et patati, franchement on s’en fout pas mal. Le gouvernement et les sbires de l’UMP essayant surtout de ne pas en faire un enjeu national et franchement on comprend pourquoi, d’ailleurs cela représente en soi un aveu d’échec manifeste du gouvernement, car si le gouvernement était en pleine confiance, il en ferait illico un enjeu méga national. Rappelons-nous d’ailleurs M. le président qui, devant Poivre d’Arvor et Arlette Chabot, disait quasi texto vouloir faire de ces élections des élections politisées avec un enjeu national où il allait s’investir personnellement. De l’autre côté les lampions du PS qui tentent, tout en prenant les précautions d’usage, d’en faire tout de même des élections à enjeu national. Enfin bref cela importe peu et apporte peu…
Ce que j’ai remarqué et qui me fait tiquer sur la mauvaise foi et l’imbécilité de certains politichiens, c’est la première, la seconde et toutes les interventions de M. Copé.
Donc il est interrogé de son QG de campagne. Il est heureux, il jappe, il bouge la queue. Normal il est content, il passe confortablement et au premier tour. Puis avant de rendre l’antenne il place une phrase du genre : « La gauche et le parti socialiste font exploser la fiscalité locale à chaque fois qu’ils sont élus ». Bon soit, argument de campagne.
Suite …
A sa seconde intervention, il place la même réplique deux fois, puis ensuite il remet le couvercle. Au bout d’un moment je me suis rendu compte qu’il n’a pas de programme, que son seul argument de campagne pour le second tour des municipales 2008 était « Attention les socialos vont augmenter les impôts locaux ». Je me suis dit que le mot d’ordre a été de dire la chose le plus souvent possible et surtout d’utiliser cette sortie à chaque fois qu’il est question de sujets épineux pour le gouvernement en général et pour les municipalités en particulier.
Je vous le mime en dialogue :
M. Copé : Le gouvernement sait ce qu’il fait. Mais il ne faut pas oublier que les socialistes font exploser la fiscalité quand ils sont élus.
Intervenant Y : Comment allez vous gérer cette quasi défaite ?…
M. Copé : Il ne s’agit pas d’une défaite. Il y a un second tour. A ce propos d’ailleurs je voudrais signaler aux français qu’il ne faut pas qu’ils oublient que quand les socialistes sont élus, ils augmentent les impôts.
Intervenant Z : Comment allez-vous gérer les alliances …
M. Copé : Nous étudierons la chose au plus vite. Mais ce qui est important c’est de ne pas oublier que la gauche fait exploser la fiscalité quand elle est élue…
Je trouve cela extrêmement malhonnête et de mauvaise foi. Et cela à plusieurs titres. D’abord parce que répéter inlassablement la même idée vaut pour un aveu de non idée, non débat. Ensuite parce qu’il s’agit d’une insulte à l’intelligence des français. Il ne suffit pas d’agiter le hochet des impôts, pour faire oublier à qui que ce soit que le gouvernement en place prend les gens pour des cons. Et puis pour finir, cela souligne que ces grosses têtes vides au sourire carnassier ne définissent leurs politiques que sur la base de sondages et de théories électorales fumeuses au lieu de prendre en considération le fait que les gens qui votent sont des êtres qui ont des problèmes réels et des aspirations vitales. Partir du principe qu’il suffit de faire peur aux gens pour qu’ils ne choisissent pas le clan en face est une erreur à mon sens. Mais peut-on reprocher à un âne d’être un âne ?…
M. Copé dans toutes ses interventions a fait preuve d’une suffisance sans borne en s’employant à recadrer tout débat intéressant et à le réduire à une mise en garde fallacieuse contre des socialistes qui ne s’attendaient pas à cette forme de combat lâche et méprisable. Mais il faut bien le dire, les socialistes ne s’attendent pas à grand chose, du moins c’est ce que laisse voir les apparences. Car on ne peut s’attendre à quoi que ce soit que quand on a un programme clair et précis.
Par ailleurs j’ai retrouvé un clivage assez net. Mais pas un clivage gauche droite, plutôt un clivage entre intellectuels qui essaient de construire un débat et apprentis pamphlétaires sans talent ni fond qui se retrouvent à la limite de l’insulte et de la menace. Étrangement, ce clivage-là retrouve assez nettement le clivage gauche droite.
M. Copé n’ayant pas compris tout à fait que c’est à l’UMP de faire l’effort d’aller vers le modem, s’est laissé aller à une leçon de politique et de gestion d’apparatchik envers un représentant du modem. Il l’a clairement menacé de représailles et avec l’aide d’un autre cadre de l’UMP, Eric Woerth, ils ont énoncé une vision de la politique très méprisable.
Pauvre France. Entre les malhonnêtes, les sans idées et les utopistes, on est mal, on est mal… Vite la sortie !