Rire en arrivant. Pleurer en partant.

Rire en arrivant. Pleurer en partant. #1
Voici un petit texte pour rompre le silence de l’absence. Il s’agit d’un petit écrit pondu en juillet 2007. J’étais là bas…

Les trois jours sont passés. Dans un tonnerre de bruits, de couleurs, de mouvements, de visages et de sourires… La maison est calme, elle froufroute à peine. Comme un vaisseau qui n’en finit plus d’atterrir !

Je suis dans ces moments de calme où je peux écrire sans stress, sans contrainte. Je ne voulais pas écrire juste pour répondre à une attente. Je voulais t’écrire par envie ! L’envie est venue, avec le calme.

Quand je suis de ce côté de la méditerranée je suis toujours confronté à l’inconciliable tandem : « Ce qu’est ce lieu réellement et ce qu’il est dans mon désir ». Dans mon désir il est doux, teinté de nostalgie, plein de rires qui explosent le ciel, plein de pleures qui le supplient. Quant à ce qu’il est, il rentre sauvagement dans le 21ème siècle. Sans concession, sans rémission.

Je sais bien que je cours derrière une oasis. Invisible, inexistante et intangible. Mais qu’importe… Je courrai à en perdre haleine. Quitte à y laisser mes rêves et mes désirs.

Par contre je retrouve toujours ces bras tendus d’amours. Ouvert vers moi tels des ailes de bonheur qui me transportent. Ah ces joies interminables des retrouvailles renaissantes ! Et je me prends à penser au jour du départ. A ces larmes à nulles autres pareilles. Celles qui creusent des sillons dans nos cœurs tendres et friables. Ces larmes assassines qui nous rappellent à nos réalités. Brutalement.

Je sais que ma sœur-courage me manquera. Je sais que sœur-nièce me manquera. Je sais que cet homme intègre me manquera. Je sais que ce soleil me manquera. Je sais que vous me manquerai tous, mes amis du soleil, mes frères de drapeau !

Cette nationalité que tout le monde me souhaite comme une nécessité administrative… Serait pour moi l’ultime trahison envers ceux que j’ai jadis abandonné, forcé par une absence totale de choix, de droit à l’auto détermination. Je sais pourtant que je suis tout aussi gaulois que tout ceux qui me regardent de travers quand je parle de l’histoire de la France… Comme si de par ma naissance, je ne pouvais rien comprendre au sujet. Pourtant j’y comprends plus et mieux que vous messieurs et mesdames les ignares obtus et auto suffisants !

Je te reviens mon cher devenir… chargé de souvenirs, d’odeurs, de saveurs et de senteurs. En prions toutes les divinités des cieux, des terres et des mers, de me permettre de garder ces images aussi vivantes que la lumière dans mon esprit. Je sais déjà que je vais pleurer. Je sais déjà ces nuits blanchies à la chaux vive. Je sais… Je ne sais que cela…

18 avril 2008

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