Mon deuil du passé recomposé

Ce texte reste tout aussi vrai qu’il y a un an. Je l’expulse de mon intimité. Une reconduite à la frontière tout à fait républicaine. Avec CRS, mépris pour les convenances dites humanistes les plus basiques et transport offert par Air France. Je la vire de mon intime pour vous l’offrir. Que cela vous plaise ou non !

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Dostoïevski

Dostoïevski nous raconte des situations et des histoires qui flirtent systématiquement avec le gouffre, quand elles ne sont pas en plein dedans. On trouve ce goût du néant dans tous ces écrits. Mais on ne sent jamais une morale pointer le bout de son nez. A force de faire de l’authentique avec ses personnages, Dostoïevski se retire les moyens de la propagande moralisatrice. Dans Les Possédés par exemple, on serait tenté de croire que Dostoïevski défendrait sa famille politique et morale. Fédor était un conservateur et nationaliste ardent, anti nihilisme, anti socialisme, anti démocrates. Pourtant le récit raconte surtout que tout engagement idéologique profondément dogmatique est une possession dangereuse. Cela conduit à des comportements qui ne vont pas forcément dans le sens de l’intérêt de l’être, mais surtout dans l’intérêt de l’idéologie. Ce n’est fondamentalement pas la même chose.

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Ma feuille blanche

Prenons un exemple simple : Je suis devant un arbre, je regarde une belle feuille verte de toute sa chlorophylle. Si un quidam arrive et me dit : “Tiens, la belle feuille blanche !”. Bien entendu s’il m’engage dans sa conversation je vais tenter de lui faire voir la feuille aussi verte que je la vois. J’ai la science, la norme et la majorité pour moi. Mais encore ? Je crois intimement savoir que la feuille peut tout à fait être blanche à ses yeux. La feuille dans ses yeux en dépit de toute la raison du monde peut tout à fait être blanche.

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