Ma fanette
J’ai connu une personne qui toute entière tenait dans un grain de beauté… Dans le dos… J’ai envie du jour. Je ne veux pas remonter le passif. Je voulais juste vous parler de Brel… Faut dire Faut dire qu’elle était belle Comme une perle d’eau Faut dire qu’elle était belle Et je ne suis pas [...]
سجِّل! أنا عربي (Saj’jil ! Ana âarabi)
Ce poème est un pan de mon enfance. Je ne sais, ni ne comprends pourquoi il m’émeut tant à chaque fois qu’il me revient à l’esprit. Mon frère, se plaisait à le calligraphier sous toutes ses formes. Cela faisait parti du jeu culturel de mon pays de se dire solidaire de ceux qu’on expulsait de chez eux. Comme si cela pouvait servir à quelque chose. Comme si un pays en voix de développement pouvait faire face, avec ses bruissements de rue, à la toute puissante Amérique. Comme si la révolte d’un peuple pouvait encore rivaliser avec la puissance d’un lobby. Comme si la volonté utopiste de quelques uns pouvais encore faire plier le dollar. Comme si on vivait dans un rêve.
L’invention de l’impossible
L’autre jour pendant que je fouillais dans mes pensées, alors que j’essayais de retourner en enfance, en plein transfert, j’ai lâché cette phrase : « C’est à croire qu’on m’a tout arraché, jusqu’à la solitude » … Comment fait l’être pour survivre à des situations difficilement imaginables ? Comment fait le quidam face aux gouffres [...]
Instant de doute …
Alors on reprend à notre compte ce que les sommités consacrées sur le bûcher des vanités nous donnent, le susucre qui adoucit le quotidien et récompense de l’effort commun. Beurk !
Deux fois trente et un
En l’espace de deux mois j’ai eu deux fois trente et un ans. Mais franchement j’aurais pu m’en passer. Soixante deux ans si je m’autorisais le culot mathématique de l’addition. Rien que cela. Pour un jeune homme de trente et un printemps, qui n’a donc fait que trente et une fois le tour d’Hélios, cela [...]
Rire en arrivant. Pleurer en partant.
Quand je suis de ce côté de la méditerranée je suis toujours confronté à l’inconciliable tandem : « Ce qu’est ce lieu réellement et ce qu’il est dans mon désir ». Dans mon désir il est doux, teinté de nostalgie, plein de rires qui explosent le ciel, plein de pleures qui le supplient. Quant à ce qu’il est, il rentre sauvagement dans le 21ème siècle. Sans concession, sans rémission.
Misérables bribes
La sueur des mots n’a pas d’odeur. L’ombre des phrases ne protège pas du soleil. Ce qu’on dit, ce qu’on ne dit pas, remplit le vide de sens que nous creusons. Les mots ne sont pas les choses, soit on le savait. Néanmoins on aime s’accrocher à la parole. Le mensonge nous fait suffoquer dans notre rationalité parce qu’il travestit la parole, le sens et le réel. Alors quand la parole ne dit rien, on n’a plus d’attache plus de prise avec le réel, plus de consistance.
Ya running and ya running and ya running away
Je sais bien que sur ce coup je suis un peu Kamikaze. Un vent divin qui mènera comme les autres au purgatoire. Mais j’ai toujours tout fait comme cela. J’ai toujours défoncé le tas. Alors comme les autres fois c’est tout ou rien. Alors souvent c’est rien. Il est rare de trouver le tout là où on le veut. Alors souvent c’est rien. Mais j’ai une nette préférence pour le rien. Oui je préfère le rien s’il faut commencer par rogner ses envies pour un tout merdique. Alors vive le rien.
Do not stand at my grave and weep
Do not stand at my grave and weep,
I am not there, I do not sleep.
I am a thousand winds that blow.
I am the diamond glint on snow.
I am the sunlight on ripened grain.
I am the gentle autumn rain.
When you wake in the morning hush,
I am the swift, uplifting rush
Of quiet birds in circling flight.
I am the soft starlight at night.
Do not stand at my grave and weep.
I am not there, I do not sleep.
Do not stand at my grave and cry.
Moi je ne suis pas… Je vis…
J’agis sous l’effet de lalla tequila… Un ami du fond du souvenir est venu… Mchigui est là, devant moi, dans mon salon. C’est un rêve… Peut-être même qu’il se réalise. Oui il est là, il est entrain de raccrocher le wagon de mon enfance à la locomotive de mon moi, si peu, adulte. Il indique [...]
La colère
C’est une colère qui commence comme un rire, quand le diaphragme se contracte et qu’une petite dose d’adrénaline monte de la poitrine vers la gorge. Quand le fond de la gorge se gonfle pour lâcher l’avalanche de hoquets qui font le rire. Mais c’est bien de la colère. Un feu qui brule au creux de la poitrine. Un feu qui rafle la sérénité et plombe le sourire.
Fatigué
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été en mouvement. Même dans mon sommeil, quand il est là. J’ai toujours été dans l’obligation d’arracher plus que de prendre. J’ai toujours couru derrière le temps, derrière l’argent, derrière le sentiment. Je suis épuisé, éreinté, fatigué, vidé, essoré, … J’en ai marre de tout ce qui ne se laisse pas caresser, tout ce qui ne se laisse pas vivre. J’ai toujours été au bout de la rupture. Celle que je crains, celle qui me surveille.
Le travail c’est la santé… Des patrons !
Mais je suis comme tout le monde. Tellement formaté, tellement dans le système, tellement dans la société, que je n’ai plus que ma reflexion qui est libre, et encore. Le reste, le corps, est pris dans la morale, le dogme, le besoin et la nécessité. Des choses que je hais mais qui me sont si indispensables, si nécessaires ! Je suis aussi faible que vous. Aussi humain que vous.